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« Porter la voix du greffe »

Publié le 1er septembre 2020 - Mis à jour le 8 septembre 2020
Interview
« Porter la voix du greffe »

C’est notamment dans cet objectif que la Conférence nationale des directeurs de greffe des tribunaux judiciaires a été créée en janvier 2020. Comment cette association compte-t-elle peser sur les débats nationaux concernant la justice ? Quels sont ses projets ? Réponses avec Pierre Roussel, directeur de greffe du tribunal judiciaire de Lille et président de la Conférence nationale des directeurs de greffe.

Pourquoi avoir créé une Conférence nationale des directeurs de greffe ?

Un constat simple est à l’origine de cette initiative : lorsqu’une réforme s’annonce, les magistrats sont consultés via les conférences nationales des premiers présidents, des procureurs généraux, des présidents des tribunaux judiciaires ou des procureurs de la République… mais il n’existe personne pour faire entendre la voix du greffe.

Or, il est nécessaire que les réformes qui concernent la justice puissent être élaborées en tenant compte des métiers du greffe et du volet opérationnel de nos missions comme nos outils « métiers » par exemple, afin qu’il n’y ait pas un décalage trop important entre la décision politique et sa mise en œuvre sur le « terrain ». En créant notre Conférence nationale, nous souhaitons porter la voix du greffe auprès de notre administration centrale et de nos partenaires.

En outre, compte tenu de la réforme statutaire qui nous a positionnés sur des missions de gestion et nous incite à la prise de responsabilités, il est naturel que notre profession soit reconnue au même titre que les autres acteurs des juridictions.

Enfin, nous nous sentions isolés et nous avions besoin d’une association pour faciliter la communication entre les directeurs de greffe et échanger sur nos pratiques.

Quels sont les objectifs de votre association ?

Parmi nos principaux objectifs, nous souhaitons pouvoir discuter en direct avec notre administration centrale, être associés à la réflexion sur les réformes nous concernant et prendre toute notre place dans le fonctionnement des tribunaux. Nous voulons également favoriser l'émergence d'une communauté de travail, participer à la formation des directeurs de greffe en France ou à l'étranger ou encore favoriser les échanges et la coopération avec nos homologues européens.

Quels sont vos projets ?

Toujours dans le but de participer aux réflexions nationales, nous souhaitons rédiger un « livre blanc » afin de suggérer des pistes d’amélioration du fonctionnement de la justice.

Par ailleurs, nous portons d’ores et déjà une revendication : nous souhaiterions que le prochain directeur de l’École nationale des greffes et que le sous-directeur des Ressources humaines des greffes soit un directeur de greffe et non un magistrat.

Concernant nos projets à plus long terme, pourquoi ne pas imaginer la création de conférences régionales qui permettraient de faire vivre notre conférence à l’échelon local.

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